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Biocarburants 1ère génération : le bilan carbone pas très vert de l'ADEME

Sommaire de cet article :

  1. Energies renouvelables : la France veut mettre le paquet
  2. Un bilan sur les agrocarburants plutôt mitigé
  3. La bataille des carburants "verts" continue
Le champ de l'étude de l'ADEME couvre :

-les filières bioéthanol : éthanol de blé, de betterave et de maïs (France), éthanol de canne à sucre (importation), ETBE obtenu à partir d'éthanol de blé, betterave, maïs et canne à sucre.
-les filières biodiesel : colza, tournesol, soja, palme, graisses animales et huiles alimentaires usagées.
-les filières HVP (Huiles Végétales Pures) : colza
-les filières pétrolières : diesel et essence, sous deux spécifications : EURO4 et EURO5.

Elle permet de faire le point sur l'impact des biocarburants sur le changement climatique (émissions des gaz à effet de serre ), avec la prise en compte de l'impact du Changement d'Affectation des Sols (CAS).

" En effet, la transformation des forêts tropicales primaires en cultures industrielles de canne à sucre et de palmiers à huile destinées à faire rouler nos voitures est à l'origine d'émissions très importantes, liées au déstockage massif de carbone suite à la suppression du couvert forestier et à la dégradation des sols. Rappelons que la déforestation représente près de 25 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre ! ", ajoute FNE, qui rassemble près de 3 000 associations pour la protection de l'environnement.

L'étude " Analyse de cycle de vie appliquées aux biocarburants de première génération consommés en France " permet aussi d'enrichir la connaissance scientifique sur l'efficacité énergétique (consommation des énergies non renouvelables).

Ainsi, les biocarburants produits en France présentent, dans le cadre de la méthodologie retenue, sans tenir compte du carbone des sols, un bilan attirant. Les gains nets en émission de gaz à effet de serre, par rapport à des carburants fossiles sont de 60 à 70 % pour les biodiesels et de 50 à 65 % pour les bioéthanols.

Faudrait-il encore que le biodiesel soit produit avec de l'huile de tournesol ou d'huiles usagées de chez nous et non de l'huile de palme d'Indonésie qui contribue à la déforestation et aux émissions de gaz à effet de serre...

L'ADEME avoue l'impact des affectations des sols

L'étude de l'ADEME, qui met en évidence la complexité du processus d'évaluation du bilan écologique " du puits à la roue " des biocarburants, reste toutefois "prudente et incomplète sur la question du changement d'affectation des sols" et préconise des travaux complémentaires, précise le ministère de l'Ecologie.

La filière soja est potentiellement la plus impactée du fait de rendement à l'hectare plus faible, et malgré la production de tourteaux.

Divers facteurs comme l'origine des sols destinés à produire les végétaux, le retournement des prairies, les usages des co-produits, et dans une moindre mesure les procédés de fabrication, sont également susceptibles de modifier substantiellement les résultats.

" Il serait donc nécessaire de lever cette incertitude qui plane au dessus de l'intérêt environnemental des biocarburants européens par rapport aux événements à l'échelle de la planète par des travaux approfondis et dépassionnés ", note l'Ademe dans son rapport final.

Pour Lionel Vilain, conseiller technique agricole de FNE : " Les résultats de l'étude sont sans appel : lorsqu'on prend en compte les changements d'affectation des sols (déforestation notamment), l'impact effet de serre des agrocarburants est le double de celui de l'essence ou du gasoil remplacé ! ".

" A lui seul, ce résultat suffit à démontrer qu'en aucun cas les agrocarburants ne représentent une solution pour réduire les émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports routiers ", affirme Michel Dubromel, responsable des transports à FNE.